Le déficit budgétaire américain devrait dépasser les prévisions de 1 000 milliards de dollars
Le déficit budgétaire américain s'élargit de 1 000 milliards de dollars alors que les tarifs douaniers pèsent sur la politique budgétaire, affaiblissent l'indice du dollar et suscitent des inquiétudes sur les marchés des changes.

À retenir
Résumé généré par l'IA, examiné par la rédaction.
Le déficit budgétaire américain devrait dépasser les prévisions de 1 000 milliards de dollars
Les tarifs génèrent des revenus records mais comportent des risques juridiques et économiques
Les ménages paient 3 800 $ de plus par an à mesure que les coûts des tarifs augmentent
L'indice du dollar chute de 10 % malgré la hausse des rendements des bons du Trésor, signe de tensions
Les compromis en matière de politique budgétaire suscitent des doutes sur l'indice du dollar à l'échelle mondiale
Le Committee for a Responsible Federal Budget (CRFB) estime désormais que le déficit budgétaire des États-Unis sera supérieur d’environ 1 000 milliards de dollars aux projections publiées il y a quelques mois par le Congressional Budget Office (CBO). Le total atteindrait ainsi près de 22 700 milliards de dollars d’ici 2035. Pour cette seule année, le gouvernement devrait emprunter 1 700 milliards de dollars, un chiffre qui pourrait grimper à 2 600 milliards à l’horizon 2035. Ces évolutions ne sont pas marginales : elles traduisent une augmentation régulière et difficile à freiner.
Les droits de douane, un outil risqué pour réduire le déficit
La Maison Blanche mise actuellement sur les droits de douane pour tenter de rééquilibrer le budget. Historiquement, ces taxes ne représentaient qu’une part marginale des recettes fédérales, rarement plus de 2 %. À l’été 2025, elles rapportaient près de 30 milliards de dollars par mois, soit trois fois plus qu’un an plus tôt. Sur une base annuelle, cela équivaut à plus de 300 milliards de dollars, soit environ 5 % des recettes totales.
L’idée est que ces revenus douaniers compensent en partie les baisses d’impôts massives ainsi que les nouvelles dépenses prévues dans le dernier budget. Sur le papier, ils pourraient rapporter près de 3 000 milliards de dollars d’ici 2034. Mais ces projections restent fragiles : la justice a déjà jugé que certains droits de douane élargis pouvaient être illégaux. Si ces décisions se confirment, près de 2 400 milliards de recettes attendues pourraient disparaître.
Même si les droits de douane se maintiennent, leurs coûts dépassent le cadre du budget fédéral. Les biens importés deviennent plus chers. Les ménages paient déjà en moyenne 3 800 dollars de plus par an, tandis que les entreprises absorbent la majeure partie du reste. Le déficit budgétaire ressort donc plus important que ne le laissent penser les chiffres bruts des recettes.
L’indice du dollar recule malgré la hausse des rendements obligataires
En temps normal, la hausse des rendements du Trésor renforce le dollar. Mais cette année, c’est l’inverse. L’indice du dollar a chuté de près de 10 %, soit son plus fort repli depuis les années 1970, alors même que les rendements augmentent. Les investisseurs interprètent cette hausse des taux comme un signe de tension budgétaire.
Les investisseurs étrangers se retirent de la dette américaine : leur part dans les bons du Trésor est tombée autour de 30 %. Si cette tendance se poursuit, le coût de l’endettement pourrait grimper encore plus vite. Les analystes estiment qu’une baisse d’un point de pourcentage de la détention étrangère (rapportée au PIB) peut ajouter plus de 30 points de base aux rendements du Trésor.
Les arbitrages budgétaires derrière les recettes douanières
S’appuyer sur les droits de douane pour financer des baisses d’impôts est politiquement commode : pas de hausse d’impôts directe, pas de négociations complexes avec le Congrès. Mais cette stratégie introduit de l’instabilité. Les recettes douanières sont volatiles, dépendantes des flux commerciaux et des décisions de justice. Leurs effets secondaires pèsent sur les ménages et les entreprises.
À court terme, le déficit budgétaire peut sembler moins préoccupant. Mais l’écart structurel entre dépenses publiques et recettes continue de se creuser.
Le marché des changes reflète les doutes sur la solidité du dollar
C’est ici que le lien avec le marché des changes devient évident. La faiblesse de l’indice du dollar alimente les doutes sur la gestion budgétaire américaine. Lorsque les marchés commencent à juger la politique budgétaire insoutenable, le statut du dollar comme valeur refuge dans les portefeuilles mondiaux apparaît moins assuré.
Si ce rôle venait à être remis en cause, ce serait un tournant majeur, non seulement pour les actifs américains, mais aussi pour l’ensemble du système financier mondial, qui dépend largement de la liquidité en dollars.
La situation actuelle peut donner un peu de répit aux États-Unis, mais elle ne règle pas le problème de fond. Le déficit budgétaire continue de s’élargir, les charges d’intérêts progressent, et la confiance des marchés s’érode progressivement au lieu de se renforcer. Plus cette dynamique perdure, plus il sera difficile de la maîtriser.
La hausse des coûts d’emprunt réduit l’appétit pour les bons du Trésor, ce qui accentue la pression sur l’indice du dollar. Les États-Unis testent en quelque sorte les limites de leur politique budgétaire. Les résultats détermineront non seulement la stabilité économique du pays, mais aussi l’équilibre des marchés mondiaux dans les années à venir.
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