La banque centrale russe va étudier une stablecoin indexée sur le rouble
Le premier vice-gouverneur de la Banque de Russie a annoncé une étude formelle sur le rouble et les stablecoins lors de la conférence Alfa Talk, dans un contexte de politiques changeantes en matière de cryptomonnaies.

À retenir
Résumé généré par l'IA, examiné par la rédaction.
La Banque centrale de Russie étudiera les stablecoins adossés au rouble en 2026.
Le premier vice-gouverneur Chistyukhin marque un tournant par rapport à l'opposition précédente.
Le déploiement massif du rouble numérique devrait débuter le 1er septembre 2026.
Le cadre proposé classe les stablecoins comme des « actifs monétaires » à usage réglementé.
La banque centrale russe prévoit d’explorer une nouvelle forme de monnaie numérique. Le 12 février, le premier vice-gouverneur Vladimir Tchistioukhin a déclaré que la Banque de Russie étudierait cette année une stablecoin indexée sur le rouble. Il s’exprimait lors de la conférence Alfa Talk à Moscou. L’étude examinera à la fois les risques et les avantages.
🇷🇺RUSSIA'S CENTRAL BANK TO STUDY RUBLE-BACKED STABLECOIN.
— Bitinning (@bitinning) February 14, 2026
Possible 2026 launch. pic.twitter.com/e1ECfGMuKS
Les autorités analyseront également la manière dont d’autres pays encadrent les stablecoins. La Banque de Russie prévoit ensuite de publier ses conclusions pour un débat public. Cette initiative intervient alors que la Russie cherche de nouveaux outils de paiement face aux lourdes sanctions occidentales et aux restrictions croissantes d’accès au système bancaire mondial.
Un changement par rapport à l’opposition passée
Pendant des années, la banque centrale russe s’est opposée aux stablecoins indexées sur les monnaies fiduciaires. Les responsables les jugeaient risquées et difficiles à contrôler. Ils craignaient aussi qu’elles n’affaiblissent le rouble ou ne contournent la réglementation financière. Mais le ton de la politique a progressivement évolué. En 2024, la Russie a autorisé l’utilisation des cryptomonnaies pour certaines opérations de règlement international.
Parallèlement, le rouble numérique est entré en phase pilote. Ce projet compte déjà des centaines de milliers d’utilisateurs. Son déploiement complet est désormais attendu fin 2026, avec un usage gouvernemental prévu plus tôt. Les propos de Tchistioukhin suggèrent que la Banque de Russie reconsidère sa position historique. Au lieu d’une interdiction générale, les autorités souhaitent désormais étudier en détail les stablecoins et évaluer leur place potentielle dans le système financier russe.
Les sanctions poussent la recherche de nouveaux outils de paiement
Les sanctions restent le principal moteur de ce virage. De nombreuses banques russes ont perdu l’accès aux réseaux de paiement mondiaux. Cela a rendu le commerce transfrontalier plus complexe et plus lent. En conséquence, la Russie a cherché des alternatives. Le minage de cryptomonnaies a été légalisé dans certaines régions. Les paiements transfrontaliers en cryptomonnaies ont aussi été autorisés pour des usages spécifiques. Selon des rapports, les échanges quotidiens de cryptomonnaies liés aux transactions internationales atteignent déjà des dizaines de milliards de roubles. Une stablecoin indexée sur le rouble pourrait offrir une option supplémentaire. Elle pourrait aider les entreprises à régler leurs échanges sans dépendre du dollar américain. Elle pourrait aussi soutenir les transactions avec les partenaires des BRICS et d’autres marchés jugés amicaux.
Des avantages potentiels pour le commerce et la finance
Une stablecoin adossée au rouble pourrait rendre les paiements plus rapides et moins coûteux. Elle pourrait aussi réduire la dépendance aux devises étrangères. Cela s’inscrit dans l’objectif plus large de la Russie de renforcer son indépendance financière. Les autorités pourraient envisager deux voies. La première serait une stablecoin soutenue par l’État. La seconde consisterait à autoriser des entreprises privées à émettre des jetons réglementés. Dans tous les cas, une supervision stricte resterait probable. La stablecoin pourrait également se connecter à des systèmes locaux, comme le réseau de paiement domestique russe ou des outils de messagerie transfrontalière.
Des risques et des questions ouvertes subsistent
Malgré les avantages potentiels, la banque centrale russe identifie toujours des risques. Les stablecoins pourraient affecter la stabilité financière si elles ne sont pas gérées avec prudence. Elles pourraient aussi soulever des préoccupations en matière de blanchiment d’argent. La question de la vie privée reste également centrale. Certains experts avertissent que les blockchains publiques peuvent exposer les données des utilisateurs. D’autres estiment qu’une supervision renforcée pourrait trouver un équilibre entre efficacité et protection de la confidentialité.
Pour l’instant, le projet en est au stade de la recherche. La banque centrale russe n’a pas promis de lancement. Elle prévoit plutôt d’étudier le concept, d’examiner les exemples internationaux et d’ouvrir le sujet au débat public. L’issue de ce processus pourrait façonner les orientations de la finance numérique russe au cours des prochaines années. Pour l’heure, le message est clair : la banque centrale garde ses options ouvertes alors que le monde financier évolue.
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