Les marchés turcs se préparent aujourd’hui au verdict du Parti républicain du peuple.

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    Mikaeel

    Mikaeel

    L'incertitude politique alimente la volatilité sur les marchés turcs alors que les investisseurs attendent une décision de justice cruciale sur la direction du CHP.

    Les marchés turcs se préparent aujourd’hui au verdict du Parti républicain du peuple.

    À retenir

    Résumé généré par l'IA, examiné par la rédaction.

    • L’incertitude politique en Turquie a déclenché un exode massif d’investisseurs et affaibli les marchés et la livre turque.

    • Une décision de justice sur la direction du CHP aujourd'hui pourrait remodeler le parti et modifier la confiance des investisseurs.

    • Le gouvernement a dépensé plus de 50 milliards de dollars pour stabiliser les marchés après l’arrestation d’Imamoglu et l’augmentation des risques financiers.

    Selon un rapport de Bloomberg du 30 juin, un jugement prononcé lundi pourrait avoir des répercussions sur la scène politique en Turquie et sur les marchés financiers. Le Parti républicain du peuple est confronté à des poursuites judiciaires en lien avec le passage de son leadership prévu pour novembre 2023. L’affaire débutera à 10 heures à Ankara et a tenu les investisseurs en haleine. L’incertitude politique s’est accrue après l’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, en mars, qui a déclenché d’importantes sorties de capitaux sur les marchés turcs. Son arrestation a marqué un tournant, les investisseurs liant étroitement la stabilité politique à la performance du marché.

    D’éventuelles décisions judiciaires pourraient remodeler la direction du CHP et affecter les marchés

    Le processus judiciaire examine la conformité du CHP aux règles lors de son congrès interne contesté l’année dernière. Quatre scénarios possibles : le renvoi de l’affaire, l’appel du congrès, la désignation d’un administrateur ou le refus du dossier. Chaque option pourrait remodeler l’avenir du parti et modifier la manière dont les marchés évaluent les risques politiques en Turquie. La question de la direction a également provoqué des conflits internes au parti et suscité des critiques de la part d’observateurs juridiques et d’économistes. Özgur Özel a remplacé Kemal Kilicdaroglu après le congrès de novembre 2023, suscitant des critiques internes et externes. Des membres du CHP et des analystes juridiques affirment que des erreurs de procédure ont été commises lors du vote et de l’organisation du congrès. Le drame s’est aggravé lorsque Imamoglu et des responsables du parti ont été accusés de mauvaise conduite électorale.

    L’exode des investisseurs et les perturbations politiques pèsent sur les marchés turcs

    Suite à l’arrestation d’Imamoglu, les marchés turcs ont connu une grande tension, nécessitant l’intervention du gouvernement pour retrouver leur stabilité. L’intervention des autorités financières a été accélérée par le retrait des investisseurs étrangers de leurs fonds en actions et obligations. Le ministre des Finances, Mehmet Simsek, et le gouverneur de la Banque centrale, Fatih Karahan, avaient entamé le processus de stabilisation de l’économie turque. Leurs mesures, axées notamment sur l’ajustement des taux d’intérêt, ont été interrompues par les tensions politiques et l’instabilité des marchés. Les autorités ont réorienté leurs efforts vers la protection des marchés et la prévention d’une nouvelle atteinte à la confiance des investisseurs.

    Depuis mars, la livre turque a baissé de 8 % par rapport au dollar américain, reflétant un affaiblissement de la confiance. Les rendements des obligations d’État à dix ans ont augmenté de plus de 4 points de pourcentage, augmentant les coûts d’emprunt du gouvernement. Les swaps de défaut de crédit à cinq ans ont augmenté d’environ 50 points de base, signalant un risque élevé sur les marchés du crédit internationaux. Les actions turques ont baissé de 14 %, tandis que les marchés émergents mondiaux ont enregistré des gains, affichant une divergence marquée. Cela suggère que le risque politique intérieur joue un rôle plus dominant dans la formation des marchés turcs.

    La réaction du marché dépend du moment choisi pour statuer sur le tribunal, dans un contexte d’ambiguïté politique

    Lundi, la livre turque s’échangeait à 39,8930 contre le dollar, un taux inchangé par rapport aux premières séances. Les swaps de défaut de crédit (CDS) sont également restés stables à 305 points de base, témoignant de la prudence des investisseurs. Le report du verdict pourrait limiter la pression à court terme, mais accroître l’incertitude à court terme, selon les analystes. Comme la question du leadership reste sans réponse, il est probable que les enjeux politiques continueront d’avoir un impact sur le sentiment des investisseurs et les mouvements de capitaux. Les marchés continueraient de surveiller d’éventuelles nouvelles décisions politiques ou judiciaires relatives à ce dossier.

    Les coûts financiers élevés révèlent l’ampleur de l’intervention gouvernementale

    La stabilisation des marchés turcs en période de crise a entraîné un coût financier particulièrement élevé. On aurait déboursé près de 50 milliards de dollars pour atténuer la volatilité et préserver la confiance des marchés. Depuis l’incarcération d’Imamoglu, la banque centrale a vu ses réserves de devises s’effondrer de plus de 25 milliards de dollars. Cela met en évidence l’importance de l’intervention requise pour contrôler la situation sans conséquences économiques étendues. Le gouvernement subit des contraintes pour contrôler les risques à venir sans épuisement des fonds nationaux.

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